Communiqué de presse

Travailleurs et précaires nous exigeons de pouvoir vivre de notre salaire !

Samaritaine—Publié le 22/12/2022

La CGT Commerce et Services dénonce l'indécence des propositions d'augmentation salariale (2% en moyenne) face à une inflation réelle de 15% dans les entreprises du commerce et des services. Les salariés occupent le Centre Commercial Bercy 2 pour exiger de vraies augmentations de salaires permettant de vivre dignement.

La réalité des négociations de salaires dans les entreprises du commerce et des services en 2022

Aucune entreprise du commerce et des services n'a augmenté de façon significative les salaires (très loin du minimum de l'inflation). Dans la grande majorité des cas, elles se conforment aux dispositions conventionnelles et encore, lorsqu'elles n'attendent pas l'extension des accords négociés, gagnant ainsi quelques mois dans l'application des taux. Au-delà de créer une distorsion entre les salariés d'un même secteur, dont elles ont parfaitement conscience, elles exploitent une grande partie de leur salariat payé au SMIC (les niveaux des grilles intermédiaires étant largement rattrapés par le SMIC).

La loi portant sur le pouvoir d'achat, proposée par le gouvernement, éloigne les discussions sur les salaires dans les entreprises pour les dévier vers des primes aléatoires, au bon vouloir de l'employeur, exonérées de cotisations sociales et défiscalisées. Quoi qu'il en soit, ces primes ne sont pas du salaire, donc non pérennes, et ne permettent certainement pas d'améliorer les conditions de vie des travailleurs.

Ces derniers mois, les grèves et les débrayages se sont multipliés dans les secteurs du commerce et des services avec pour maître mot l'augmentation réelle des salaires. Ce mois de décembre est particulièrement marqué par des mobilisations fortes sur la question du salaire : Cultura, Leclerc, Carrefour, Monoprix, Domidom, Action, Galeries Lafayette, Naval Group, H&M…

Et la colère a de quoi gronder, alors que des cabinets d'expertise démontrent que l'inflation du ticket de caisse, celle du quotidien des travailleurs, avoisine les 15%, soit bien plus que l'inflation de 6,5% annoncée. Le patronat, dans nos secteurs, fait preuve d'une indécence absolue dans les négociations :

Dans l'habillement, les propositions vont de 1,5% d'augmentation (Jennyfer) à 4% maximum (H&M) la moyenne étant autour de 2% pour la plupart des enseignes (OKAIDI, KIABI, PIMKIE). Beaucoup d'autres enseignes sont plutôt en position attentiste, n'ouvrant les négociations que dans les prochaines semaines histoire de gagner du temps… et de l'argent.

Dans le Commerce de Détail Non Alimentaire (CDNA), des négociations au point mort. Action, par exemple, un accord est signé pour zéro augmentation pendant 3 ans ! Nature et Découvertes font grâce d'une enveloppe de 2,5 % en moyenne destinée aux augmentations individuelles !

Dans la grande distribution, alors que le secteur a engrangé des profits faramineux depuis le début de la crise covid, il propose des augmentations d'à peine 1,5% pour Carrefour, 2% pour Aldi ou les Géant Casino, ou 2,5% pour Carrefour Market. Lidl reposent leurs négociations sur des primes quand les autres enseignes repoussent les négociations en 2023, les exemptant de fait à augmenter les salaires en tenant compte de la réelle inflation.

Dans le tourisme, seul Disney s'en sort avec une augmentation de 5,5% suite à de nombreux mouvements de la CGT. TUI propose une prime de 1500€, éludant ainsi pour cette année la question du salaire, et entame tout juste des négociations de salaires. Belhambra, VVF ou Touristra, aucune augmentation cette année !

Dans les Hôtels-Cafés-Restaurants, se gargarisant d'une augmentation de branche qui n'a fait qu'absorber l'écart avec le SMIC, les entreprises du secteur, pour la plupart, se cantonnent à appliquer les nouvelles dispositions conventionnelles. Pour les autres, alors que le patronat se plaint d'une pénurie de main d'œuvre, les taux proposés sont bien loin de rendre le secteur attrayant.

Dans les Casino-Jeux (groupe Barrière), jouant sur les dates, ils proposent des augmentations de 4% sur les premiers de niveaux de grille mais à partir des grilles de septembre 2021 ! Soit des grilles bien en dessous du SMIC.

Dans le commerce de gros, les augmentations varient beaucoup d'une entreprise à une autre : REXEL propose 3% d'augmentation, et chez Biocoop les augmentations de salaires varient entre 2% et 6% selon l'ancienneté et le statut, Pomona propose uniquement 80 euros bruts, PLG, 3% d'augmentation de salaire à titre individuel et 1,5% pour les Commerciaux au mérite. Sélecta ose une proposition à 1% d'augmentation au 1/10/22 accompagnée d'une prime unique de 250 euros. Sysco une unique proposition de 2,5% d'augmentation proposée en mars dernier. Auto-Distribution c'est 3,2% d'augmentation générale ainsi que 400 euros de prime. Chez Lyreco, les augmentations de salaires sont de 100 à 110€ selon le statut.

Dans le secteur de la sécurité privée, tout comme dans les HCR, le patronat se cache derrière les augmentations de salaires accordées en branche (7,5%), qui ne couvraient que le retard accumulé dans ce secteur, pour n'appliquer que les dispositions conventionnelles.

Dans les Grands Magasins Populaires, la branche étant aux limites de l'indécence et du mépris vis-à-vis des salariés, les entreprises proposent à peine au-dessus du SMIC laissant les salariés de la moitié de la grille payés au SMIC. Galeries Lafayette et la Samaritaine proposent à peine 3% alors qu'ils enregistrent des chiffres d'affaire records ! Chez Monoprix le taux proposé couvre à peine l'écart avec le SMIC (3%).

Dans les entreprises de la restauration rapide, les augmentations ne dépassent pas les 3%.


Avec une moyenne de 2% de proposition d'augmentation par rapport à une inflation de 15% sur les produits de consommation, voici la réalité des salaires dans les entreprises du commerce et des services. Le patronat et le gouvernement ont beau jeu d'annoncer des dispositifs pour augmenter le pouvoir d'achat par le biais de primes dérisoires et ponctuelles.

Les salariés exigent de pouvoir vivre de leurs salaires. L'inflation des produits de tous les jours, de l'énergie, des moyens de transport plongent les salariés dans une réelle précarité qui les contraint à faire des choix sur des postes de dépenses essentiels : se chauffer, se nourrir, se déplacer. Une telle situation n'est plus acceptable et c'est la raison pour laquelle les salariés du commerce et des services ont décidé d'occuper le Centre Commercial Bercy 2, pour faire entendre leur exaspération et pour exiger enfin de réelles augmentations de salaires à minima en adéquation avec la cherté de la vie réelle et non théorique !

Partager la page sur


Fédération CGT Commerce

Fédération CGT Commerce et Services

263 rue de Paris - Case 425 - 93514 Montreuil Cedex
Tél. : 01 55 82 76 79 - Fax : 01 56 82 76 96

Amar Lagha

Secrétaire Général

01 55 82 76 79

Contacter

Nos derniers communiqués

Communiqué

Premier casino de France : des bénéfices pour le groupe Barrière, des licenciements pour les salariés ?

Le Groupe Barrière veut fermer le Pavillon du Lac et sacrifier trente emplois, mais comment accepter cette logique quand le premier casino de France, dans la même structure, engrange des dizaines de millions de bénéfices chaque année ? Les salariés doivent-ils payer le prix des erreurs stratégiques de la Direction alors que le groupe trouve toujours les moyens pour se développer ailleurs ? La CGT Barrière refuse catégoriquement cette course au toujours plus de rentabilité : elle exige des comptes, des alternatives vraies à la fermeture et la défense de chaque emploi, avec la mobilisation pleine de la Fédération CGT Commerce et Services à ses côtés.

Publié le 16/10/2026

Communiqué

PEOPLE & BABY : la justice annule le PSE en première instance !

Une victoire historique pour les salariés ! Le tribunal administratif de Paris annule le PSE de People & Baby, reconnaissant que 160 000 euros pour 77 suppressions de postes était dérisoire face aux 33,7 millions d'euros de ressources disponibles. Pourquoi accepterions-nous que les travailleurs paient le prix des mauvaises gestions ? La CGT poursuit son combat : les emplois et les conditions de travail doivent être protégés, pas sacrifiés sur l'autel des choix financiers patronaux.

Publié le 13/10/2026

Communiqué

La Fédération CGT Commerce et Services aux côtés de la jeunesse !

Face à la répression gouvernementale, la jeunesse ne baisse pas les bras : sa colère devient le catalyseur d'un mouvement social qui s'amplifie et qui gagne. La Fédération CGT Commerce et Services répond à cet appel en mobilisant tous les travailleurs, tous les secteurs, toutes les générations pour transformer cette révolte en victoire collective. Jeunes ou anciens, précaires ou stables, nous ne pouvons pas rester spectateurs : c'est maintenant que nous devons gonfler les rangs, c'est maintenant que la solidarité de classe doit triompher du capitalisme qui nous étrangle. Rejoignez-nous, car seule l'union de nos forces peut arracher la justice sociale et la dignité que ce système nous refuse.

Publié le 08/10/2026

Communiqué

Librairies : les négociations sont bloquées par le patronat !

Face à l'impasse des négociations, la CGT appelle à la mobilisation dans les librairies : comment accepter des grilles salariales qui réduisent à néant la progression professionnelle quand nos métiers exigent qualification et expérience ? Défendre des salaires dignes, reconnaître l'ancienneté et améliorer les conditions de travail, c'est défendre l'avenir même de nos librairies. Rejoignez la lutte et multipliez les actions jusqu'au 31 décembre 2026 pour peser sur les négociations collectives et imposer un vrai rapport de force au patronat.

Publié le 07/10/2026